mardi 6 février 2007

Menu québécois pour la Saint-Valentin - Recette no 4

Les accompagnements
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Le riz sauvage n'est pas du riz. Ceci dit, c'est une graine délicieuse et nourrissante au fin goût de noisette.
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L'histoire du riz sauvage en Amérique remonte très loin dans le temps. Les Algonquins et les Sioux l'appelaient manomen et le récoltaient déjà des centaines d'années avant l'arrivée des Européens. Les premiers explorateurs en dépendaient aussi pour se nourrir au cours de leurs voyages dans les terres sauvages plus au Nord.
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Plusieurs variétés de riz sauvage sont cultivées au Canada dont la zizanie des marais (Zizania palustris), la zizanie aquatique (zizania aquatica), la zizanie naine (brevis) et le riz sauvage du Texas. Le riz sauvage pousse principalement dans les eaux peu profondes en bordure des rivières et des ruisseaux et, dans une moindre mesure, dans les lacs, où le courant est relativement lent et constant.
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Voici une recette alliant le riz sauvage et des pleurottes (Pleurotus ostreatus) au goût de noisettes rôties, champignons qui poussent de la Gaspésie à l'Abitibi.
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Riz sauvage et pleurottes en casserole
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Vous pouvez utiliser du riz sauvage sec. Si c'est le cas, laisser tremper et cuire selon les instructions sur l'emballage. Il existe aussi du riz sauvage cuit à l'avance, en boîte de conserve. Cela réduit de beaucoup le temps de préparation et pour l'avoir essayé, je peux vous assurer qu'il est délicieux.
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Ingrédients (calculer 1/2 tasse de riz cuit par personne)
  • riz sauvage
  • huile d'olive et beurre
  • 180 g de pleurottes fraîches (pour 5 personnes)
  • 1 échalotte, hachée fin
  • sel marin et poivre du moulin
  • persil italien, ciselé
Méthode
  • Faire cuire le riz sauvage selon les instructions
  • Faire sauter l'échalotte puis les pleurottes dans l'huile et le beurre jusqu'à ce qu'elles soient bien dorées
  • Mélanger avec le riz cuit, rectifier l'assaisonnement et mettre dans une casserole allant au four
  • Avant de servir, réchauffer la casserole puis terminer le plat en y ajoutant du persil italien (plat) ciselé
Crédit de photo www.passeportsante.net
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Les têtes-de-violon ne servent pas qu'aux musiciens. Ce sont les crosses de seulement deux variétés comestibles de fougères (Matteuccia struthiopteris et Osmunda cinnamomea). Vous ne seriez donc pas bien avisés d'aller cueillir les pousses de fougères dans vos jardins. Intéressant à savoir que dans le langage des plantes, la fougère symbolise la simplicité.
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Au début de la colonie, c'étaient les seuls légumes verts en début de printemps et ils étaient utilisés comme aliment tonique à la fin du long hiver rigoureux. Ils ont un goût délicieux qui allie celui des épinards et des asperges.
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La saison des crosses de fougères (têtes-de-violon est la traduction littérale de Fiddleheads, le nom que leur donnent les anglophones) est brève et survient au tout début du printemps. Durant le reste de l'année, il faut se les procurer surgelés et, en faisant des recherches sur Internet, j'ai trouvé que certains producteurs les exportent vers l'Europe.
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Crosses de fougères à l'autruche
(à défaut de têtes-de-violons, substituer par des asperges vertes fines)
  • Cuire les crosses de fougères à grande eau salée ou à l'étuvée pendant 8-10 minutes
  • Servir agrémenté d'un beurre salé fondu monté au jus de citron, ou avec une Hollandaise

Loin de moi l'idée de vous donner la recette pour la Hollandaise. D'ailleurs, lorsque je fais cette sauce onctueuse et citronnée, je ne mesure rien. Par contre, j'ai de l'aide à la cuisine. Voici mon instrument pour séparer le jaune du blanc.

L'hiver québécois ne sert qu'à une seule chose. Récupérer la Hollandaise ou la Béarnaise qui sont en train de tourner. La véranda enneigée à - 15 C est tout indiquée. Beaucoup mieux que le glaçon.

Et voilà, il ne reste plus qu'à ajouter un peu d'eau pour redresser le tout, et le tour est joué!


Troisième coeur k
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Elle : « Si tu étais un animal, lequel serais-tu? »
Lui : « Nao sou um animal. »
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La création de l'homme, Michel-Ange
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Dieu et Ève inspirant Adam

4 commentaires:

Elvira a dit...

Que c'est charmant et raffiné, comme toujours! :-)

jp a dit...

effectivement ces pousses de fougère sont introuvables en Europe, et pourtant elles ont étét cultivées ici aussi par la passé
je vais donc essayer de me procurer des plants à partir de tes noms latins,
je me souviens bien de celles qu'on mangeait au Canada,

Gracianne a dit...

Le morceau est fini, qu'est-ce que ca fait du bien d'entendre comme ca du Bach au bureau, merci encore.
J'aime bien le gout de ce riz sauvage qui n'en est pas un. Ici on le trouve quelquefois melange a d'autres varietes de riz, c'est pas mal non plus.
Quand je pense a toutes les fougeres que j'ai autour de chez moi, si ca se trouve elles sont comestibles.

Mijo a dit...

Magnifique. J'apprends plein de choses en voyageant chez toi.

Est-ce que le riz qui n'en est pas un vient d'Abitibi ? Il me semble qu'une amie née à Val d'or m'a déjà parlé du riz d'Abitibi.

Elles sont tellement jolies ces têtes de violon. Je n'en ai jamais vu et je pense que j'aurais cherché à en manger. La fougère, symbole de la simplicité dans le langage des plantes ?!!!!! Vraiment curieux.