mercredi 12 mars 2008

Sarabande

photo Gato Azul
Cabo Espichel, Portugal

Onde a terra acaba et o mar começa
(Camoës)

Pas de recette dans ce billet. Simplement le partage avec vous d'un peu de musique, d'une photo et d'un souvenir de voyage.
No recipe in this post. Only the sharing with you of a bit of music, a photo and a memory from my travels.

Ce premier matin, j'étais debout à 5 h et soudain, il me tardait de voir le jour se lever à Cabo Espichel, là où le Continent prend fin et rencontre cet océan qui sépare deux mondes, l'ancien et le nouveau. En quittant l'hôtel, le préposé à la réception m'avait quand même recommandé d'être prudente lorsque je lui avais dit où j'allais. Je le serais.
Up at 5 am that first morning, I felt an irresistible urge to see daybreak at Cabo Espichel, that place where the Continent ends and meets the ocean that separates two worlds, the old and the new. As I was leaving the hotel, the man at the desk recommended I be cautious when I told him where I was going. I would heed his advice.

La nuit était encore bien installée alors que je dirigeais la voiture sur les petites routes qui mènent jusqu'au bout du Monde. Mais je ne ralentissais pas ma course. Je ne voulais pas manquer le moment où le soleil poindrait à l'horizon, l'instant magique où le jour naît. Le lecteur dans la voiture jouait la suite no 7 en ré mineur de Weiss, et les notes qui m'enveloppaient ajoutaient un caractère solennel à l'instant.
The night was still dark as I drove on the small roads leading to the end of the World. But I didn't slow the car's pace down. I didn't want to miss the moment where the sun would rise on the horizon, the magical instant when day is born. From the player in the car, the sound of Weiss' Suite no 7 in D minor surrounded me, adding a solemn note to the moment.

Enfin arrivée à l'extrémité de la péninsule, j'immobilisai la voiture à côté du petit sanctuaire construit à flanc de cette falaise qui plonge vertigineusement dans l'océan tumultueux, à cet endroit même où jadis, selon la légende... Je fermai le moteur, tout en laissant la musique jouer, je sortis de la voiture, appareil photo à la main. L'aube ne saurait plus tarder maintenant, j'étais arrivée à destination.
I finally arrived at the tip of the peninsula and stopped the car next to the small sanctuary on the edge of the cliff, where the earth plunges abruptly into the tumultuous ocean, at the very spot where, a long time ago, legend has it that... I shut the motor off while letting the music play on, and got out of the car, camera in hand. Dawn would soon come now, I had reached my destination.

Il y a des lieux qui nous murmurent des secrets, des endroits que nous reconnaissons d'une façon mystérieuse et intuitive, quoique nous ne les ayons jamais fréquentés auparavant. C'est toujours comme ça pour moi, à Espichel, et c'est pourquoi, toutes les fois que je suis au Portugal, il faut que je m'y rende, comme l'oiseau migrateur revient à chaque printemps vers son nid.
There are places that whisper secrets to us, that we recognize mysteriously and intuitively although we've never visited them before. That's how it always is for me at Espichel and that's why, every time I'm in Portugal, I'm irresistibly drawn there, like a migrating bird returning every spring to its nest.

Puis, aux toutes premières notes de cette sarabande que vous écoutez maintenant, la première lueur est apparue à l'horizon et là, entre ciel et terre et océan, mon âme s'est mise à danser la vie. Et ce sentiment ne m'a plus quitté depuis.
Then, to the sound of the opening notes of the sarabande you are listening to now, the first sunrays appeared on the horizon and there, between heaven and earth and the ocean, my soul started to dance to life. And the feeling has never left me since.

9 commentaires:

Rosa's Yummy Yums a dit...

Un beau billet empreint de nostalgie! Cette photo est superbe et la musique de même...

Bises,

Rosa

Aparna a dit...

I don't understand french, just wanted to ask if you painted the azulejo on your blog?

Suzana a dit...

Great photo, beautiful music, sweet memories and a lovely post. Thanks for taking us with you to this magical place, where the earth meets the ocean. It reminds me how long I've been there for the last time...

blogueencore a dit...

Jolie image et vive la nostalgie!!

lena sous le figuier a dit...

J'adorerais être là, dans ce presque silence, où chaque note est en parfaite harmonie avec l'éternel mouvement de la terre...

Ta photo est si belle, si proche de celle de ma fin de journée, mais tellement plus symbolique...

Un billet sur lequel je n'ai pas fini de revenir! Merci.

Bises, Louise

Elvira a dit...

Ce billet m'a nouée la gorge, chère Gatinha. C'est tellement toi, cette sensibilité rare, cet amour du beau, des choses vraies, de la vie... Je suis si fière de te connaître. Tu es une belle personne. :-)

Beijinhos.

jp a dit...

cette note sur Espichel est magnifique
Espichel est une expérience unique avec cette route supermarché de maisons portugaises, et puis ces bâtiments illégaux, inachevés, et puis ce parking plein de poussière
la traversée de cet espace qui dit une grandeur passée et enfin l'Océan
je trouve que ce chemin résume le Portugal qui tourne toujours son regard vers l'immensité
C'est beau qu'un bout de la terre il y ait cet infini d'où vient un grand souffle qui gonfle l'esprit.

Gato Azul | Chat Bleu a dit...

Obrigada à vous tous :) Je nous souhaite tous un Espichel.

gabriella a dit...

Merci Louise pour cette ballade magnifique
au cap Espichel que j'aimerai bien revoir.
Je découvre le luth baroque et la musique
de Silvius Leopole Weiss : je suis comblée.